La pierre d’ambre
L’ambre est une substance bitumeuse, dure, cassante, sèche, translucide, arrivant parfois à l’opacité, de couleur plus ou moins jaune ou citron d’une saveur un peu acre, électrique par frottement et acquérant alors une légère odeur, susceptible d’un beau poli, se fondant et s’enflammant.
D’une pesanteur spécifique variable de 1, 080 à 1, 065, l’ambre jaune pâle, un peu transparent et taillé à facettes, réfracte la lumière à la manière du diamant ce qu’il doit à sa nature combustible. Son pouvoir réfringent est de 1, 365.
L’ambre se trouve le plus souvent dans des couches de sable, de cailloux roulés et de bois plus ou moins fossiles. La mer Baltique, après de violentes tempêtes, en rejette parfois considérablement sur ses bords où les habitants le recueillent avec soin.
L’ambre jaune, qui possède une transparence presque parfaite, est alors plus généralement désigné sous le nom de succin. Dans cet état, c’est une substance éminemment combustible, résineuse, solide, très légère, à cassure vitreuse, de couleur blanc jaunâtre, rougeâtre ou brunâtre.
C’est cet ambre que les Grecs nommaient électron, à cause de la propriété qu’ils lui avaient reconnue d’attirer les matières légères lorsqu’il a été frotté.
L’ambre, taillé à facettes ou simplement en boules unies pour bracelets et colliers, eut longtemps une très grande vogue.
Le succin dit insectifère, à cause de quelques petits insectes qu’il renferme parfois, se taille en cabochon mince, afin de bien les laisser distinguer à travers la pâte. Ces pièces, assez rares, sont fort recherchées des amateurs.
Il existe des variétés d’ambre de diverses couleurs, mais qui paraissent obtenues par des substances différentes de sa nature particulière. Elles sont, du reste, peu communes.
Insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool ou dans une solution de sous-carbonate de potasse, fondue dans l’huile de lin siccative, puis incorporé dans l’essence de térébenthine, l’ambre fournit un excellent vernis.
On imite l’ambre en mêlant, par une chaleur modérée et augmentée, peu à peu, de l’huile d’asphalte rectifiée, avec de la térébenthine, dans un vase de cuivre jaune.
Quand cette matière, après deux à trois bouillons, a pris assez de consistance, on la verse dans des moules.


















